Le service de l'information et des conférences fait écho à certaines interventions faites lors du débat organisé le 28 avril 2008 à l'Université Yaoundé 2 en collaboration avec la Chaire Senghor dont le titulaire est Jean Tabi Manga, Recteur de l'Université.
Voir le programme du débat (au format .pdf)
''Synthèse de deux ateliers'' du séminaire de préparation du sommet de la Francophonie 2008, tenu le 28 avril 2008 à l’université de Yaoundé 2 à Soa, sur le thème :
« La Francophonie : l’une des réponses à la mondialisation culturelle ? ».
Forts de leurs lourdes responsabilités d’autrefois et d’aujourd’hui au service de la Francophonie, Christian Philip, représentant du président de la République française auprès de la Francophonie, Michel Guillou, président du réseau des chaires Senghor Francophonie et Mondialisation, Jean Tardif, animateur du forum PlanètAgora et Jean Tabi Manga, titulaire de la chaire Senghor Francophonie et Mondialisation de l’université de Yaoundé 2 (Cameroun), n’ont pas que porté une couronne de roses à l’Organisation internationale de la Francophonie pour ses actions dans la mondialisation culturelle.
Conscients de ses enjeux, de son rôle et de ses défis à venir dans « le vaste marché du donner et du recevoir », ils ont aussi reconnu ses limites à côté du « club des gentlemen : le Commonwealth ». Pour un investissement davantage efficient au sein de la mondialisation culturelle, ils ont pensé que la Francophonie doit être « utile, concrète… ». Il faut surtout qu’elle utilise sans complexe les armes de la mondialisation. C’est dans ce sens qu’elle sera « efficace », comme l’a souligné le Pr. Jean Tabi Manga.
Agir en Francophonie par le numérique
La nouvelle ou la troisième Francophonie que Michel Guillou, président du réseau des chaires Senghor « Francophonie et mondialisation », attend de tous ses vœux, sera possible et plausible, si et seulement si elle s’insère dans l’univers numérique. Et pour le démontrer, l’autre animateur de cet échange, le Pr. Albert Benhamou de l’université Pierre et Marie Curie de Paris, s’est inspiré des travaux de Michel Serre dont « l’idée serait de ne pas partir des notions de savoir, des notions de compétence, mais de connecter les hommes entre-eux, selon leurs besoins et leurs possibilités…afin que les exclus soient déjà moins exclus, s’ils sont ensemble… ». Agir en Francophonie par le numérique, conclura-t-il, est signe évident de la force de frappe de « la nouvelle Francophonie vivante et populaire ».
La Francophonie, la production et la diffusion des œuvres culturelles
Professeur de philosophie et ancien ministre de la Communication au Cameroun, Ebénezer Njoh Mouellé, modérateur de cet échange, avait autour de lui : cinéastes, éditeurs et hommes de théâtre… Si, au cours de cette communication, il n’ a à aucun moment minoré les actions que l’Organisation internationale de la Francophonie mène dans ce domaine précis, il a d’emblée reconnu qu’il restait beaucoup à faire. En citant en vrac le prix du jeune écrivain francophone, le prix des 5 continents de la Francophonie, le prix de l’édition africaine, le fonds de promotion d’un film du Sud, le soutien au Fespaco ou aux Écrans noirs, la circulation des artistes… les panélistes se sont davantage appesantis sur l’épineuse question de l’édition en Afrique.
Misères de l’édition
En prenant la parole en tant que directeur des Éditions CLE de Yaoundé au Cameroun, Marcellin Vounda Etoa a frappé les esprits par un énorme paradoxe. Depuis la création de cette entreprise d’édition en 1964, dira-t-il, elle a eu l’essentiel de son soutien des États allemand et néerlandais, rien, presque rien de « Dame Francophonie ».
Entre autres propositions aux chefs d’États africains, il demandera l’instauration des politiques nationales du livre. Une idée qui a convergé avec celles des professeurs Gervais Mendo Ze et Jean Tabi Manga qui, en déplorant le problème de la diffusion du livre et l’absence de la culture de lecture en Afrique, ont proposé la création des espaces de formation aux métiers du livre. Car, pensent-ils, on ne rentre pas dans le domaine de l’édition par effraction.