vendredi 14 juillet 2006
La fusion SONY-BMG remise en cause par la Cour européenne de justice : quelles conséquences ?
vendredi 14 juillet 2006 à 17:16 :: Articles de presse
La Cour européenne de justice européenne vient d'annluer l'autorisation de fusion SONY-BMG donnée par la Commission européenne en juillet 2004.
Le syndicat européen des éditeurs musicaux indépendants (IMPALA) avait contesté l'autorisation donnée en juillet 2004 au mariage entre SONY et BMG qui donnait naissance au numéro deux mondial derrière Universal, et faisait passer le nombre de Majors de 5 à 4. Ces deux maisons à elles seules dépassent ainsi les 60 % de parts de marché, atteignant les 80 % dans le secteur des hypermarchés, selon Patrick Zelnik, PDG de Naïve et vice-président de l'Impala.
Selon l'arrêt du 13 juillet, la Commission n'a su démontrer "ni l'inexistence d'une position dominante collective avant la concentration, ni l'absence de risque de création d'une telle position du fait de l'opération". La Commission est donc obligée de réexaminer la fusion sous l'angle de la concurrence et de se prononcer une seconde fois.
La fusion est pourtant déjà passée dans les faits. Les deux entreprises ont partagé leurs bureaux et leurs personnels en plus de se séparer des artistes dont les ventes ne répondaient pas à leurs exigences de rentabilité. Mais dans un marché du disque en crise, Sony et BMG, en fusionnant, ne sont pas parvenus à additionner leurs parts de marché (respectivement de 13,2 % et 11,9 % en 2003, soit un total de 25, 1 %, à comparer aux 21,5 % du groupe en 2005).
Conséquence de la décision, SONY-BMG va devoir représenter sa demande d'autorisation à la Commission qui devra se prononcer à nouveau dans deux mois. On estime qu'elle pourrait maintenir sa décision en l'assortissant de conditions nouvelles.
Quoi qu'il en soit, la décision de la Cour de Luxembourg devrait entraver la poursuite de la concentration des industries musicales, dont la prochaine étape aurait dû être la fusion d'EMI avec Warner. Si les deux maisons s'unissaient, elles détiendraient 24,7 % du secteur, devant Sony-BMG (21,5 %) et derrière Universal (25,5 %). Les trois majors cumuleraient donc une part du marché du disque supérieure à 70 %... Pour l'instant, la Bourse ne semble plus y croire.
"Ce jugement va changer le visage de l'industrie du disque, affirme Patrick Zelnik. Enfin, l'avis des indépendants a été pris en compte, et le mot de diversité culturelle a été prononcé. La concentration n'est pas un remède à la crise, mais sa cause. Dans une industrie d'offres, si l'offre est réduite, le marché baisse."
Le Monde du 14 juillet consacre à ce sujet un éditorial : À contretemps
et un article de Véronique Mortaigne














