mercredi 21 mars 2007

La Francophonie méconnue : 2 articles d'Abdou DIOUF

Le 20 mars marque la " journée de la Francophonie ".

À cette occasion, le Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie publie deux articles, l'un dans Le Monde (Paris), l'autre dans Le Devoir (Montréal).

Dans Le Monde, sous le titre La francophonie, une réalité oubliée , il déplore "le désamour des Français pour la Francophonie" et le faible intérêt qu'elle suscite dans les médias et les milieux universitaires français. Il dénonce le contresens sur la francophonie qui confond franco-centrisme et francophonie, exception culturelle et diversité culturelle. Et il appelle à un débat qui permette de dépasser les idées fausses suivant lesquelles la francophonie serait un avatar du colonialisme ou un combat dépassé pour la défense de la langue française contre l'anglais.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-884956,0.html

Dans Le Devoir, il adresse une Lettre ouverte aux francophones , il constate que l'on ne semble pas savoir vraiment ce qu'est la Francophonie. Il évoque le potentiel considérable qu'offre désormais le fait que " le français n'appartient pas aux seuls français, mais à toutes celles et à tous ceux qui ont choisi de l'apprendre, de l'utiliser, de le féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, de leurs talents ". Ce qui le conduit à soutenir que " la francophonie ne saurait être la seule affaire des États et gouvernements, elle n'y survivrait pas".

La Convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle en vigueur

La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est entrée en vigueur le 18 mars 2007.

Il n'est pas inutile de rappeler le parcours rapide mais difficile qui a conduit à ce nouvel instrument international qui pourrait établir un certain équilibre dans l'architecture du droit international face au droit commercial mis en place par les États à l'OMC.

L'un des artisans de cette Convention, Jean Musitelli, évoque le parcours du combattant dans un article qu'on peut lire :

http://www.fulei.org/revue/article_page.ip?locale=fr&txt=rdr_musitellier

mardi 13 mars 2007

L'Afrique au-delà du miroir

DIOP, Boubacar Boris - L'Afrique au-delà du miroir , Philippe Rey, 2007

Biographie de l'auteur
Le Sénégalais Boubacar Boris Diop est un des écrivains majeurs de l'Afrique contemporaine. De Murambi, le livre des ossements à Kaveena, son œuvre est une méditation sur la condition humaine à travers les tragédies et les espérances du continent noir.

Présentation de l'éditeur
L'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Elle vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. Ce n'est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. Les textes réunis dans cet ouvrage sont nés du désir de dire, en tant qu'intellectuel africain, ma part de vérité. Outre des hommages à Cheikh Anta Diop et Mongo Beti, sont abordés ici des sujets aussi variés que le dilemme de l'écrivain coincé entre deux langues, le naufrage du Joola au Sénégal, les nouveaux flux migratoires vers l'Europe ou les défis culturels de la globalisation. Une place importante est accordée au génocide des Tutsi du Rwanda que trop de gens cherchent encore à nier. J'ai mis l'accent sur l'implication de l'État français parce que sa responsabilité dans cette tragédie, via François Mitterrand, est aussi évidente - les faits ne manquent pas pour l'étayer - que mal connue ou acceptée. Projeter le regard au-delà du miroir, c'est essayer de montrer quels mensonges se dissimulent sous tant de lieux communs proférés au sujet de l'Afrique. C'est surtout tirer la sonnette d'alarme, car on voit bien quel inquiétant projet politique se profile derrière la négrophobie triomphante.