lundi 25 juin 2007

Manifeste pour une redevance culturelle

Dans un manifeste publié le 21 juin et ouvert à signature, Marc BENAICHE propose une nouvelle piste pour financer la création culturelle.

Il part d'un constat : il y a aujourd’hui de moins en moins de financement pour la création culturelle. La prolifération de l’échange gratuit des biens numérisés menace durablement leur création et leurs moyens de production.

Il prend acte des évolutions du marché culturel. "Si le marché du disque meurt en tant qu’industrie, c’est seulement sous sa forme actuelle. La musique est elle, bien vivante. C’est par voie numérique que le public accédera demain à la musique, aux films, aux biens culturels en général. A mesure que le consommateur adopte les nouvelles formes dématérialisées, le support matériel perd son sens."

Le téléchargement payant ne peut pas être la seule solution. Le système numérique de distribution marchande peut perdurer, mais dans des volumes de chiffres d’affaires qui ne permettront pas de produire et de créer autant qu’avant.

Il faut trouver une nouvelle voie, autre que la loi Dadvsi, inapplicable et inappliquée, ou la licence globale destructrice pour les jeunes talents et la production en général. Nous proposons une troisième voie : une redevance culturelle obligatoire sur la bande passante payée par les opérateurs de télécommunications pour permettre de financer la création des biens culturels numériques en France et dans le monde.

Nous proposons une redevance sur la bande passante.

On se dirige vers une disponibilité et une connectivité permanente qui permettent l’échange de biens culturels dématérialisés instantanément. La bande passante est le lieu naturel et juste d’une redevance pour financer la création culturelle dans la société de l’information, en complément de la taxe sur les mémoires numériques.

Qui paiera cette redevance ?

Ce sont les opérateurs. 4 milliards d’abonnements sont gérés par 300 sociétés, demain elles ne seront plus que 50 car un mouvement de concentration est en cours. Ces sociétés font payer des abonnements au nom de la possibilité d’échanger des contenus culturels. Tout l’argent va aux tuyaux et pas à la création : le tuyau c’est la bande passante. Aujourd’hui, il est possible et facile de faire respecter la loi à 50 entreprises, en tout cas plus facile qu’à 6 milliards d’individus.

Les opérateurs doivent se plier à cette loi, pays par pays. Il est illusoire d’essayer de faire payer une licence optionnelle à 6 milliards de personnes (licence globale), il est tout aussi illusoire de vouloir les réprimer (loi Dadvsi). Mais il est plus que réaliste de faire payer un droit à 50 sociétés d’envergure, globales et qui sont les acteurs les plus riches de l’industrie de la communication.

Un chiffre : 40 milliards de $. Aujourd’hui, le monde compte 1,3 milliard de $ d’abonnements Internet et 2,6 milliards d’abonnements pour les téléphones mobiles. Si 1$ par mois revenait à la musique, une somme de 40 milliards de $ par an serait dégagée. Ce montant correspond à quelques centimes prés au chiffre d’affaires du marché du disque en 1999.

Comment faire en sorte qu’un nouveau format de fichier soit adopté par les utilisateurs et les industriels ?

En adoptant ce nouveau format, les utilisateurs auront la possibilité de participer à la création et d’accéder à un fichier de meilleure qualité audio. Le format MP3 est dépassé, c’est un algorithme de compression qui altère et déforme la musique, aujourd’hui il existe des formats audio qualité CD sans perte (lossless), aucune altération de la musique n’est nécessaire. Ce nouveau format de bien meilleure qualité audio et tatoué fera conncensus aussi bien du côté du public que des professionnels.

Pour consulter le texte complet de cette proposition-manifeste : http://www.redevanceculturelle.net/

On peut aussi le commenter sur le site du Forum.

4º Foro Latinoamericano: "Memoria e Identidad" - Montevideo, Uruguay - 25 a 28 de octubre de 2007

4º Foro Latinoamericano: "Memoria e Identidad" Saberes e imaginarios en diálogo, hacia un nuevo orden social

25 a 28 de octubre de 2007 Montevideo, Uruguay www.signo.com.uy

Fecha límite para presentación de propuestas (ponencias, talleres, mesas de trabajo, otros): 13 de julio

Tras más de una década de desesperanza, los pueblos latinoamericanos han sabido reconstituir sus perspectivas de futuro en nuevos anhelos de cambio. Hoy, América Latina es el escenario de la Historia. Sin embargo, la propia Historia se resiste. Siglos de opresión y dependencia, de fragmentación en países y sociedades concebidas sobre modelos ajenos, de desigualdad y exclusión, han configurado un marco subjetivo, un “sentido común” que dificulta emprender caminos verdaderamente propios a la hora de construir sociedades más democráticas, inclusivas y justas.



Es quizás el momento de apelar al más importante patrimonio de los pueblos latinoamericanos: su extraordinaria diversidad cultural. Modalidades eficaces de organización comunitaria, formas de relacionarse con la Naturaleza, memorias sociales y valores que desafían la racionalidad occidental y la cosmovisión mercantil, se expresan en las espiritualidades, tradiciones, celebraciones y ritualidades, modos de producción, saberes, territorialidades e imaginarios campesinos y urbanos, indígenas y mestizos. Esa será la fuente de una reconfiguración de la Historia, y es tiempo de que esa inmensa diversidad sea la que cimente un modo diferente de concebir el desarrollo y el futuro de nuestros pueblos.



El Foro Latinoamericano “Memoria e identidad” se ha consolidado como un ámbito de visibilidad y fortalecimiento de experiencias locales y regionales, diálogo intercultural y aprendizaje mutuo, constitución de redes e iniciativas comunes para la dignificación de las culturas y saberes populares.

Correos-e: signocomunitaria@gmail.com; comunitaria@signo.com.uy

vendredi 22 juin 2007

Forum de la FNAC

Le site internet de la FNAC propose une discussion ouverte autour d'une série de questions qui concerne la musique, le droit d'auteur, la rémunération des artistes. On peut y trouver plusieurs interventions favorables ou défavorables au libre accès, condamnant la piraterie ou contestant cette notion dans son application à la copie musicale privée, s'interrogeant sur le profit que tirent les artistes ou les distributeurs du régime actuel...

QUESTIONS COMMENT REMUNERER JUSTEMENT LES ARTISTES ? Aujourd’hui, un artiste peut-il gagner sa vie principalement par la scène ? Faut-il réformer la question du droit d'auteur ? QUEL AVENIR POUR LE DISQUE Lutter contre le téléchargement illégal La musique est-elle trop chère ? QUELLE PLACE POUR LA MUSIQUE AUJOURD'HUI ? La diversité : un voeu pieux ? Le rôle de l'artiste dans la société actuelle Les "autres" métiers de la musique

On peut intervenir dans les débats sur le site du Forum de la FNAC :

Florent LATRIVE - Du bon usage de la piraterie. Culture libre, sciences ouvertes

Dans un texte publié sous sous licence Creative Commons Paternité - pas d'utilisation commerciale - partage à l'identique - Florent Latrive propose une analyse avec laquelle il n'est pas nécesssaire d'être d'accord pour la trouver intéressante et utile.

Pour accéder à ce livre :

mercredi 20 juin 2007

Tahar Ben JELLOUN : Langue française et francophonie

Tahar BEN JELLOUN

Langue française et francophonie

Sous le titre « On ne parle pas le francophone », l’écrivain Tahar Ben Jelloun publie dans Le Monde diplomatique de mai 2007 un article qui témoigne avec éloquence de son rapport complexe avec les « deux » langues qui nourrissent son travail d’écrivain. http://www.monde-diplomatique.fr:80/2007/05/BEN_JELLOUN/14715

Il évoque l’ambiguïté du vocable ‘francophone’ qui semble trop souvent désigner celui qui parle français sans être de nationalité française, « le métèque ». Ce passionné, habité par la langue française qu’il enrichit par ses œuvres et son métissage culturel, regrette que la France pense que sa langue est assez forte pour résister toute seule aux assauts de l’anglais ou de l’espagnol.  Ce témoignage d’interculturalité réellement vécue, assumée et illustrée de façon exemplaire par un écrivain reconnu, représente sans doute une traduction éloquente de la valeur du pluralisme culturel dont le Forum veut faire la promotion comme projet politique face à la mondialisation culturelle.

Extraits

Le qualificatif de « francophones », pour désigner les écrivains ressortissant d’autres pays que la France, et les œuvres qu’ils produisent, est non seulement absurde, mais aussi blessant. Ne fait-il pas penser aux tentatives d’instaurer une hiérarchie entre les Français dits « de souche » et les autres, pourtant tous citoyens égaux en droits ?

Pourquoi la cave de ma mémoire, où habitent deux langues, ne se plaint jamais ?

C’est que ma langue maternelle cultive l’hospitalité et entretient la cohabitation avec intelligence et humour. (…)

J’aime que les langues se mélangent, non pas pour écrire un texte en deux langues, mais juste pour provoquer une sorte de contamination de l’une par l’autre. C’est mieux qu’un simple mélange ; c’est du métissage, comme deux tissus, deux couleurs qui composent une étreinte d’un amour infini.

Cette situation est simplement fabuleuse. Personne ne peut affirmer que cette appartenance à deux mondes, à deux cultures, à deux langues n’est pas une chance, une merveilleuse aubaine pour la langue française.

Mais nous ne comptons plus sur l’État et sa politique pour continuer de servir la langue française, pour la travailler, la réinventer, la métisser, la bousculer et en sortir ce que nous portons de meilleur en nous. Quand je dis nous, je pense à tous ces écrivains quasi anonymes qui écrivent et essaient de pousser les portes de l’édition française

Il m’est arrivé parfois de me rebeller contre la notion si ambiguë, si étroite de francophonie. Est considéré comme francophone l’écrivain métèque, celui qui vient d’ailleurs et qui est prié de s’en tenir à son statut légèrement décalé par rapport aux écrivains français de souche.

Souche : une notion aussi antipathique que celle de francophone. Cette distinction existe, elle est faite par les dictionnaires, par les médias et par les politiques. Pour peu, elle ressemblerait à une discrimination. Mais on passera outre et on priera les tenants officiels de la francophonie d’avoir un peu d’imagination pour englober dans la littérature française tous ceux qui écrivent en français, en sachant pertinemment qu’il existe plusieurs façons de manier cette langue, de Marcel Proust à Louis-Ferdinand Céline, en passant par Aimé Césaire et Kateb Yacine, entre autres. …

La langue est naturellement le fondement de la culture. La culture, c’est la vie quotidienne, la vie qu’on essaie de comprendre, tout en sachant qu’elle est faite de mystère, de hasard, de secret et d’incompréhension. La langue nous donne l’illusion de comprendre le monde, de le sonder, de le connaître et même de le dominer. Depuis Henri Bergson, on sait que « l’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie » ; alors on se réfugie dans le langage, on prend à témoin les mots, et on les manipule jusqu’à effacer cette illusion. …

Curieusement, quand on parle de Franz Kafka, d’Emil Cioran, de Samuel Beckett ou d’Eugène Ionesco, il est très rare qu’on rappelle qu’ils n’écrivaient pas dans leur langue mère, ou bien qu’ils allaient d’une langue à l’autre sans que cela offusque ou fasse problème. Ceux qu’on désigne du doigt, ceux qui doivent se justifier, montrer leurs « papiers », ceux qu’on regarde avec suspicion, ce sont les « métèques », lesquels sont heureux de cultiver ce jardin français, un immense jardin public où poussent toutes les fleurs, sans parler des mauvaises herbes, ingrédients indispensables pour faire de la bonne littérature.

Tout le paradoxe est là. On ne parle pas le francophone. On ne l’écrit pas non plus. Le francophone est un « machin », taillé sur mesure pour que les politiques puissent s’abriter derrière, alors que l’accès à l’école française, dans certains pays, est des plus limités, que la circulation des hommes (étudiants, artistes, intellectuels) est rendue très difficile, que les instituts français dans le monde, où l’on aime la langue et la culture françaises, crient misère. La France a des mots choisis pour parler de sa politique de coopération, mais elle n’a pas les moyens de cette politique. L’argent s’en va ailleurs, dans des projets de défense ou de sécurité. La cinquième puissance du monde n’a pas les moyens de renouer avec son passé de puissance culturelle, et il lui arrive de se plaindre. (…)

La francophonie, en tant qu’institution, vit aussi grâce à ceux qui y croient en dehors de l’Hexagone. Certains s’y accrochent, à défaut d’avoir une reconnaissance naturelle et évidente. Qu’importe, une langue a ceci de particulier : c’est une immense maison aux portes et fenêtres sans cadres, ouvertes en permanence sur l’univers ; c’est un pays sans frontières, sans police, sans Etat, sans prisons. La langue n’appartient à personne en particulier, elle est là, disponible, malléable, vive, cruelle, magnifique et toujours truffée de mystères. (…)

La passion de la langue française ne sera jamais inutile. Elle s’étend, se répand et se développe à l’insu de la fameuse souche hexagonale. Ceux qui parlent et écrivent le français n’aiment pas s’expliquer sur leur fréquentation de la langue et des écrivains qui l’ont portée au sommet des civilisations. Ils regrettent que la patrie de la langue soit moins concernée par son avenir. La France pense que sa langue est assez forte pour résister toute seule aux assauts de l’anglais ou de l’espagnol. Cette arrogance est de l’ignorance. Parce qu’elle est le fondement de toute culture, la langue a besoin d’être entretenue, fêtée, célébrée, aimée pour qu’elle s’enrichisse et se répande avec bonheur et largesse. Pour cela, il faudra renoncer à l’avarice du cœur et aux sapes des budgets de la culture et de la coopération. Mais cela n’a jamais empêché des poètes, des romanciers, des créateurs de s’engager pour vivre le français et le faire vivre par-delà les frontières et les politiques aux visions étroites. (…)

C’est dans ce trouble, cette diversité et cette absence de certitude que mon imaginaire s’exprime en français, et il m’est arrivé d’avoir le témoignage de certains lecteurs qui m’ont assuré m’avoir lu en arabe quand ils lisaient mes livres en français.

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Abdou Diouf s'exprime sur la dimension culturelle de la mondialisation

Invité à s'adresser à la "Conférence de Montréal 2007" qui réunit dans cette ville le 13ème Forum économique international des Amériques, le Secrétaire général de la Francophonie M. Abdou Diouf a exposé ses vues sur la dimension culturelle de la mondialisation.

Extraits de son allocution du lundi 18 juin 2007 :

Je voudrais saisir la chance que vous offrez au Secrétaire général de la Francophonie d’évoquer la dimension culturelle de la mondialisation, intimement liée, j’en suis convaincu, aux enjeux politiques et économiques qui vous occupent, et surtout indissociable de la solidarité que nous devons plus que jamais réaffirmer et organiser, à l’équilibre nouveau que nous devons instaurer. (…)

La mondialisation semble catalyser les sentiments les plus contradictoires, alimentant ainsi un manichéisme qui nuit tout autant à la réflexion qu’à l’action. (…) Ce qui ressort, c’est finalement le sentiment diffus et partagé que nous sommes dans une période d’incertitude et de perte de repères où tous les possibles sont encore en devenir. (...)

La mondialisation n’est ni bonne ni mauvaise par nature, mais elle doit être régulée, démocratisée, humanisée. Elle constitue, à cet égard, un révélateur, - au sens chimique du terme – des espoirs qu’elle nous autorise et des réalités qu’elle génère, tout en les rendant de plus en plus visibles pour tous, partout. (…)

Espoir de mise en résonance et d’échanges équilibrés entre les cultures, reconnues dans leur égale dignité. Mais révélateur, dans le même temps, d’une menace d’uniformisation et de standardisation des imaginaires, en raison de la capacité quasi monopolistique d’entreprises globales à contrôler et à vendre le divertissement, le rêve, les valeurs, la pensée.

Nous sommes bien là au cœur des enjeux d’une gouvernance mondiale : la réalisation d’une mondialisation maîtrisée, et par là même d’une démocratie planétaire, solidaire, unie sur l’essentiel, mais respectueuse des différences.

Il est clair que ces enjeux géopolitiques, géoéconomiques, géoculturels sont étroitement imbriqués et méritent une égale prise en compte. La culture plus encore sans doute! Parce que la culture ne saurait être réduite à ses œuvres !

La culture est un système vivant, en perpétuelle évolution, qui préside, dans une société, aux rapports avec les autres, mais également à l’interaction des sociétés entre elles. Elle est en cela vecteur d’identité et d’inter culturalité. (...)

Comment, dès lors, vivre ensemble avec nos différences ? Comment coexister, et non pas seulement cohabiter ? Comment « copenser », cogérer le monde ? (...)

La première des menaces, c’est de voir s’instaurer, à l’échelle mondiale, une forme de partition des rôles et des fonctions de la culture. D’un côté, une hyper culture – essentiellement véhiculée par l’hyper puissance et par l’Occident– à laquelle il reviendrait de concevoir et de diffuser les transformations, les innovations, les normes et les valeurs du monde. De l’autre, des cultures indigènes, figées, ghettoïsées, vouées à ne plus exprimer que la réalité quotidienne, la mémoire, les traditions locales, le folklore. (...)

Prenons garde que la mort des idéologies ne nous conduise à idéologiser la culture !

Notre capacité à contenir l’exacerbation des passions identitaires et l’affrontement des imaginaires dépendra donc grandement de notre volonté de préserver l’intégrité et la pluralité des cultures, d’instaurer des relations équilibrées entre elles. Cela nous confronte à l’exigeante dialectique de l’identité et de l’altérité, de l’universalité du droit et de la particularité des droits culturels.

Nous devons enfin nous convaincre que l’universalité n’est pas l’uniformité !

Cela nous confronte, aussi, à la nécessité de gérer le pluralisme dans une démocratie ouverte qui associe l’ensemble des acteurs politiques, économiques, sociaux, culturels. (…)

La Francophonie a bien vocation à défendre la diversité culturelle parce que nous sommes bien conscients que ce défi ne peut être relevé seulement à l’échelon local, ni même à l’échelon national. Mais nous savons aussi que l’échelon mondial apparaît trop lointain, trop abstrait aux citoyens et aux communautés pour susciter l’adhésion et la mobilisation. (…)C’est là, à mi-chemin entre le « tout local » et le « tout mondial », que la Francophonie trouve sa place et sa capacité d’agir, tant à l’extérieur de son espace qu’à l’intérieur.

Lire le texte complet de l’allocution

mercredi 6 juin 2007

Multiculturalisme et Islam

Sami ZUBAIDA, professeur émérite de politique et de sociologie au Birkbeck College de Londres réagit aux vues exprimées par Tariq Modood et dont le billet sur les divers aspects du multiculturalisme a fait état.

Sous le titre The Many faces of multiculturalism, il soutient que la conception révisée du multiculturalisme proposée par Tariq Modood accepte plus qu’elle ne la critique la mythologie essentialiste et religieuse accolée à cette question.

Zubaida reconnaît que Modood souligne à juste titre que la citoyenneté commune et la nationalité ne dépendent pas de l’uniformité culturelle ou du consensus idéologique devenus de toute façon pratiquement impossibles dans les sociétés complexes.

L’hybridation et le mélange des pratiques musicales, littéraires, vestimentaires ou alimentaires accélèrent la mixité culturelle. Un tel multiculturalisme n’équivaut nullement à l’existence d’unités culturelles distinctes, qu’elles soient ethniques ou religieuses. Les frontières culturelles sont devenues fluides et changeantes.

Peut-on parler de « culture musulmane » comme telle ou présenter la religion comme l’essence d’un groupe identitaire ? Est-il approprié de présenter les Musulmans comme formant une « communauté musulmane », alors que la religion occupe une place marginale dans la vie d’un grand nombre d’entre eux ? Et alors que l’Islam est clairement inséré dans les cultures de communautés ethniques très différentes ? Ne s'agit-il pas là d'une revendication politique de la part de personnes ou d’institutions en quête d’autorité communautaire et de leadership ?

La conception du multiculturalisme présentée par Modood semble s'appliquer moins à un ensemble culturel qu’à une communauté religieuse imaginée. On pourrait la désigner comme « communautarisme » (communalism) plutôt que multiculturalisme. Cela contribuerait à éviter la confusion avec le nationalisme des fondamentalistes qui entretiennent l’idée d’une communauté musulmane universelle attaquée par les Chrétiens et les Juifs et qui fournit la base d’un discours idéologique.

lundi 4 juin 2007

Convention sur la diversité culturelle : les politiques linguistiques protégées ?

La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée sous l'égide de l'UNESCO et entrée en vigueur en mars 2007 protège le droit des États à adopter leurs politiques culturelles. On pourrait croire que les politiques linguistiques sont ainsi protégées.

Une étude réalisée par Christine Fréchette du Conseil supérieur de la langue française du Québec et publiée en mars dernier montre qu'il y a lieu de s'inquiéter du fait les politiques linguistiques n'entrent que de façon indirecte dans le champ de cette Convention dont on a souvent souligné à la fois la nécessité et les limites. Plusieurs accords commerciaux se sont vus accorder une force contraignante sans que les autres droits (politiques, culturels, environnementaux) ne soient dotés de la force équivalente.

A titre d'exemple pouvant illustrer la prédominance du droit commercial, l'auteur rappelle qu'un jugement de la Cour européenne de justice sur la langue d'étiquetage en 1996 a considéré qu'une réglementation nationale imposant une langue déterminée pour l'étiquetage pouvait constituer une restriction quantitative des importations.

L'auteur note que la Convention ne protège la capacité des États à protéger, soutenir ou promouvoir une langue que si celle-ci constitue une composante d'un bien ou d'un service culturel (langue d'un disque, d'un livre, d'un film), mais non si elle a pour but d'assurer la visibilité d'une langue et d'établir des règles pour les renseignements relatifs à un bien ou à un service ou pour établir des règles en matière de qualification professionnelle par exemple.

Quand on sait à quel point une langue constitue l'un des éléments les plus définisseurs d'une culture, et face au poids croissant de l'anglais comme langue du commerce et de la technique et des communications, on peut évidemment souscrire au souhait exprimé par l'auteur de voir reconnu le droit des États à soutenir et protéger une langue. En regrettant que cet élément n'ait pas été inclus formellement dans la Convention qu'il sera sans doute difficile de rouvrir.

Christine Fréchette : Protéger la langue à l'ère de la mondialisation - Mars 2007

Certaines incidences du multiculturalisme

Corrélation entre degré de redistribution et homogénéité ethnique ?

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samedi 2 juin 2007

V Campus Euroamericano - 5ème Campus Euroaméricain de coopération culturelle

Más de 400 personas provenientes de 30 países del mundo de la educación y la cultura de Europa y América Latina se dieron cita en el municipio de Almada, -Portugal- convocados por la OEI, la Fundación Interarts, la Cámara Municipal de Almada y Cultideias de Portugal para asistir entre el 8 y el 12 de mayo pasado a la celebración del V Campus Euroamericano de cooperación cultural.

La cita se ha constituido en un lugar de encuentro y reencuentros, de renovación de ideas, de aliciente para el desarrollo de proyectos conjuntos, para la nueva incorporación de temas y expertos de ambos continentes, dando cuenta que el Campus es un proyecto con un dinamismo propio y que se ha consolidado como un espacio de renovada energía y proyección profesional.

De las síntesis y conclusiones principales emanadas del encuentro se ha reafirmado la naturaleza de reflexión propia del Campus con el diseño y propuesta de nuevas iniciativas de cooperación cultural en el espacio euroamericano.

Este trabajo se ha visto reforzado por el trabajo en red consolidando diferentes propuestas, a partir de la producción científica en torno a los temas a debate, estimulando la coproducción de nuevos proyectos de cooperación y creando en definitiva una comunidad de aprendizaje y formación.

Documento de conclusiones

Fotografías

Web del Campus