mardi 4 mai 2010

La France et la langue française

Sous le titre " La fatigue linguistique de la France", Antoine Robitaille, journaliste au quotidien montréalais Le Devoir, évoque de façon humoristique la récente initiative de L'Express de lancer «La première plateforme communautaire francophone destinée aux auteurs, sous le titre anglais welovewords.com !

Se moquant de l'anglomanie sinon de l'anglolâtrie de certains milieux français, A. Robitaille signale la publication dans La Lettre de l'Agora d'un billet de Marc Chevrier intitulé "La fatigue linguistique de la France".

Certains seront tentés de voir là d'inutiles complaintes impuissantes à entraver ce qu'ils voient comme la marche inexorable du monde. Il n'y a pourtant là nulle fatalité. L'avancée de l'anglais à Bruxelles comme dans le monde est portée par de puissants intérêts qui mobilisent des moyens considérables en ayant l'habileté de soutenir que l'apprentissage de l'anglais est désormais une condition de la réussite professionnelle. Au-delà des initiatives privées qui vendent les cours d'anglais à travers le monde, les autorités britanniques et américaines consacrent des ressources considérables à la promotion de l'anglais et des productions en anglais appuyées par un puissant réseau de distribution qui couvre la planète. Mission civilisatrice ou calculs stratégiques bien théorisés sous le vocable de "soft power" ?

Depuis l'appel à "américaniser le monde" lancé par le Président Roosevelt, l'Administration américaine a fait de la promotion de ses images, de ses valeurs et de ses idées le troisième pilier de sa puissance. A l'ère de la mondialisation culturelle où le pouvoir tient de plus en plus à la capacité de créer et de manipuler des symboles dans la sphère médiatique globalisée, la conquête des esprits et des coeurs revêt une importance stratégique évidente que les Chinois ont comprise en prenant les moyens de multiplier les Centres Confucius à travers le monde. Les Européens, comme les Francophones, semblent bien timorés et peu engagés dans une telle approche stratégique. Ce qui n'est pas sans conséquence pour l'avenir.

Ceux qui douteraient encore de l'importance des enjeux géoculturels pourraient relire avec intérêt l'article publié dans Foreign Policy par David Rotkhopf qui fut l'assistant de Henry Kissinger au Secrétariat d'État : In Praise of Cultural Imperialism". On peut alors mieux situer certains débats autrement que dans une perspective étroitement "nationale".

Alors que la crise actuelle polarise à nouveau l'attention sur la seule dimension financière et économique, on peut se demander si elle ne marque pas l'épuisement d'un modèle culturel emporté par le règne du divertissement au profit de l'Empire de la séduction présenté comme accessible par les vertus du consumérisme individualiste.

La "fatigue linguistique" n'est peut-être qu'un aspect d'une profonde fatigue culturelle.

jeudi 11 février 2010

GOOGLE, GALLICA et FRANCOPHONIE

Exploiter les possibilités du numérique

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vendredi 5 février 2010

Accords bilatéraux et diversité culturelle

Le bulletin (vol. 5 no 1) rédigé par A. Vlassis et publié le 1er février par le Centre d'étude sur l'intégration et la mondialisation (CEIM) http://www.ieim.uqam.ca/spip.php?page=ceim-chroniques&id_mot=199 contient des informations très intéressantes et notamment :

1. - Un résumé des propositions françaises préconisant une stratégie culturelle extérieure européenne. Ces propositions abordent notamment la question d'un cadre différent des accords commerciaux pour les échanges culturels (tirant les conséquences de la négociation de l'accord récent entre l'Union européenne et la Corée) Source : « Pour une nouvelle stratégie culturelle extérieure de l’Union européenne, Communication de la France », http://www.coalitionfrancaise.org/actus/doc/comm_fr_strat_cultu_exterieure281209.pdf

2.- Un écho à la troisième réunion du Comité sur la Convention de l'UNESCO tenue en décembre 2009 : http://www.unesco.org/culture/fr/diversity/convention/3igc/final_decisions_3igc_fr.pdf

3. - Une note référant au rapport TESSIER sur les enjeux du numérique remis au ministre français de la Culture et de la Communication le 12 janvier 2009.

Si ce rapport se distingue du rapport Zelnik par une approche moins uniquement défensive, en envisageant notamment une collaboration négociée entre acteurs publics et privés, son ambition "de voir la France conserver la maîtrise du processus de numérisation et surtout de diffusion des contenus numériques, contribuant à l’émergence d’un pôle francophone susceptible de se comparer aux plates-formes de recherche et de commercialisation mises en place par des opérateurs privés" ne se traduit pas, du moins pour l'instant, par des dispositions qui permettraient de compléter la stratégie française par une stratégie associant les divers partenaires francophones.

4.- Le bulletin rapporte également les statistiques de la fréquentation cinématographique en France pour l'année 2009 (établies par le CNC). En augmentation de 5,7% par rapport à 2008, la fréquentation marque une diminution de la part des films français dont la part de marché recule à 37,1% (45,3% en 2008) alors les films américains passent à 49,8% en 2009 contre 43,2% en 2008. http://www.cnc.fr/CNC_GALLERY_CONTENT/DOCUMENTS/statistiques/frequentation_mensuelle/2009/Freq_2009.pdf

Ces données conduisent à s'interroger sur l'efficacité réelle des politiques nationales en faveur de l'audiovisuel. Certains pourront la mettre en doute alors que d'autres soutiendront que sans de telles politiques la domination des films hollywoodiens serait encore plus marquée.

Par ailleurs, d'autres se réjouiront de voir des disques ou des films réalisés en anglais par des Français obtenir des prix aux États-Unis : ce qui pose la question de savoir ce qui constitue une oeuvre "française" ou "nationale"...

mercredi 2 décembre 2009

Démocratie et Internet

La mondialisation ne fait disparaître ni l’État ni la nation qui ne représentent plus des champs clos de l’expérience humaine. Elle suscite une très forte demande de politique qui reste insatisfaite. La crise économique constitue à cet égard un puissant révélateur. Elle est le miroir de la crise du politique qui a jusqu’à présent été incapable d’inventer les modalités pour traiter des enjeux transfrontaliers sur lesquels les politiques nationales n’ont qu’une prise indirecte.

Certains estiment que la façon dont ont été désignés le nouveau Président de l’Union européenne et la responsable de sa politique étrangère contribue à éloigner l’Europe des citoyens désabusés par ce marchandage entre États pour le partage des postes.

Lorsque le référendum sur la construction de nouveaux minarets en Suisse débouche sur un net refus, on s’empresse de dénoncer ce recours à la démocratie directe. Comme si, même dans le cas où les élections qui suscitent une participation modeste aboutissent à la formation de gouvernements qui ne disposent que d’une majorité toute relative, la démocratie devait se limiter au processus électoral.

Ceux qui dénoncent la démocratie d’opinion ou l’indifférence des citoyens semblent se satisfaire d’une gouvernance pilotée au gré des sondages et des intérêts dominants. Et il en est peu pour s’interroger sur le fait que les questions qui concernent les affaires mondiales et donc parmi les plus significatives pour les citoyens ne font guère l’objet de débats à l’occasion des élections et échappent en pratique au contrôle des citoyens. Ni la guerre en Irak ni celle en Afghanistan n’auraient eu lieu si les citoyens avaient été consultés et si avaient pu être mises à jour les manipulations auxquelles se sont livrés des responsables politiques qui n’en rendront jamais compte.

Dans cette perspective, et au lieu de rêver d’un impossible gouvernement mondial et de se satisfaire du directoire des pays riches que constituent le G20 comme le G7 – gardant à l’écart le G172 suivant l’expression d’Abdou DIOUF - , il importe d’imaginer et d’expérimenter des formules qui favoriseront la prise de conscience des enjeux à tous les échelons – local, national, extranational – et la mobilisation pour stimuler la préparation et la prise des décisions qu’appellent les enjeux globaux en appelant tous les acteurs concernés, publics et privés, à s’y engager.

Il faut saluer à cet égard les initiatives prises par divers organismes, et notamment par ceux qui ont participé au Forum européen sur la démocratie personnelle qui vient de se tenir à Barcelone et dont Hubert Guillaud rend compte dans un article publié par LeMonde.fr le 27 novembre 2009

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mardi 20 janvier 2009

L’appel d’un sage au pluralisme

On a vu Stéphane Hessel dans les médias, durant les trois semaines de bombardements sur Gaza porter haut l'indignation que son grand âge ne sait altérer. Stéphane Hessel, infatigable militant pour le respect des Droits de l'Homme, qui il y a deux mois encore était à Gaza. Il ne baisse pas la garde, lui, le vieux sage, ami des Israéliens et des Palestiniens, dernier survivant de la formidable aventure que fut la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. C'était en 1948.

Né allemand, français par choix, Stéphane Hessel était alors un jeune diplomate, fringant trentenaire, ancien déporté, ancien résistant. Toujours militant, sa méthode de combat est la conviction. A plus de 90 ans, il poursuit avec ferveur son engagement à travers le Collegium international éthique, politique et scientifique. Il est membre du Conseil de parrainage du Forum permanent PlanetAgora.

Transcription d'extraits de l'entrevue accordée à Rony Brauman à Paris, le 19 janvier 2009, après l'annonce d'un cessez-le-feu à Gaza voir l'entrevue vidéo dans son intégralité : http://cicr.blog.lemonde.fr/2009/01/19/stephane-hessel-infatigable-resistant/

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lundi 14 juillet 2008

Diversité culturelle, an 1

Nicolas Dufour publie dans le quotidien suisse Le Temps du samedi 8 mars 2008 un article qui tente de faire le point sur la Convention sur la promotion de la diversité des expressions culturelles à l'occasion de sa ratification par la Suisse.

Qu'apporte réellement cette convention? Quelles sont ses limites? Aperçu par quelques points sensibles abordés sous les rubriques suivantes : Protéger la variété artistique - Rapatrier des Å“uvres d'art - Musique et formation - L'édition en péril - Brider l'empire américain - Audiovisuel public abrité - Développer la culture au Sud - Les limites d'une convention

Cet article critique invite à poursuivre le débat sur la Convention, sur sa mise en oeuvre et sur l'importance d'aller plus loin. Ce que ce Forum propose notamment en invitant les aires géoculturelles comme la Francophonie ou l'Ibéro-Amérique par exemple à s'instituer comme réponses à la mondialisation culturelle.

lundi 21 janvier 2008

Alliance des civilisations : premier forum à Madrid

Premier forum de l'Alliance des civilisations à Madrid le 15 janvier 2008

Le dialogue entre les civilisations, les religions et les cultures est une urgence humanitaire
Par Jorge Sampaio, Haut représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations, ancien président du Portugal, Le Soir Bruxelles14 janvier

Lorsque l’Alliance des civilisations a été créée par les Nations unies en 2006, nombreux ont été ceux qui y ont vu un verre à moitié vide, au lieu d’un récipient à moitié plein. Elle a été accueillie avec un certain scepticisme basé sur une argumentation disparate – soit l’Alliance s’exposait aux thèses d’un « choc de civilisations » dont elle demeurait otage malgré elle ; soit elle ne faisait qu’augmenter la pléthore d’initiatives déjà existantes ; soit elle poursuivait des buts complètement disproportionnés eu égard aux faibles ressources dont elle disposait ; soit encore parce que, dans le cadre de la lutte globale contre le terrorisme, elle ressemblait plus à une voix céleste qu’aux accords de politique extérieure. En mai 2007, lorsque j’ai été nommé Haut représentant, la prudence a été mon refrain, la confiance, mon mot d’ordre, et la certitude que l’Alliance venait bel et bien remplir un vide politique, ma devise.

Le premier Forum de l’Alliance des civilisations va avoir lieu cette semaine à Madrid. Il va réunir un large éventail de personnes venant des quatre coins du globe : des représentants des gouvernements nationaux, des organisations internationales, des fondations, des centres académiques, des ONG, des leaders religieux, des groupes confessionnels, des entreprises, des jeunes et les médias.

Il y a une triple attente à l’égard de ce Forum : marquer un temps fort dans l’engagement des gouvernements et de la communauté internationale à investir dans l’Alliance comme espace global de gouvernance de la diversité culturelle à titre de quatrième pilier du développement durable ; être un laboratoire de partenariats et de mise en Å“uvre de projets communs, orientés vers le terrain et la réalisation conjointe de projets pratiques en matière d’éducation, de jeunesse, de médias et de migrations ; mobiliser l’opinion publique autour de l’Alliance, pour en faire une initiative ouverte à la participation citoyenne.

Pour cette raison, lors du Forum de Madrid, l’Alliance va bénéficier d’un nouveau souffle qui constituera, je l’espère, le tournant définitif de l’Alliance vers le terrain, le concret et la pratique.

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vendredi 26 octobre 2007

Culture : l'état d'urgence

François Barré se demande comment, face à l'extension illimitée du règne de la marchandise et du divertissement, inventer un projet culturel à la mesure des transformations du monde. A défaut de formuler des propositions concrètes, ses analyses méritent d'être connues.

vendredi 12 octobre 2007

Maîtriser la mondialisation : origine et portée du concept

Le concept de « mondialisation maîtrisée » a été introduit en 1999 par Pascal Lamy qui proposait que des règles soient écrites et suivies, que la juridiction des organisations internationales soit étendue, et que les pouvoirs de ces mêmes organisations soient augmentés. Le fait de réécrire les règles, de codifier les normes et de donner plus de pouvoirs aux organisations internationales a étendu l’emprise de la mondialisation. Paradoxalement, en permettant aux organisations internationales de maîtriser la mondialisation au lieu de la libérer et de la débrider, on a contribué à forger un monde plus libéral et plus mondialisé.

"En pratique, la mondialisation maîtrisée a été tout sauf asphyxiante. Certes, les règles globales ont été codifiées et les institutions ont vu leurs pouvoirs renforcés. Mais le contenu de ces règles a été libéral, et les organisations ont utilisé leurs pouvoirs ainsi renforcés pour encourager la libéralisation des marchés de biens, de services et de capitaux."

Dans le billet Mondialisation : la French Touch publié par l’Agence intellectuelle Telos le 12 0ctobre 2007, Rawi Abdelal et Sophie Meunier évoquent le rôle joué par des Français à cet égard.

RAWI ABDELAL & SOPHIE MEUNIER

Le 28 septembre, Dominique Strauss-Kahn est devenu le nouveau directeur général du Fonds monétaire international. Il suit ainsi les traces de ses compatriotes Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de Larosière (1979-1987) et Michel Camdessus (1987-2000). Ce sont en effet des Français qui ont régné sur le Fonds pour plus de la moitié de son existence. Mais cette touche française sur les organisations économiques internationales les plus puissantes ne s’arrête pas à la 19e rue de Washington – pour ne citer que Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce depuis 2005, et Jean-Claude Trichet, à la tête de la Banque centrale européenne depuis 2003. Lire la suite

jeudi 2 août 2007

Pour un nouveau contrat social entre éditeurs de musique, auteurs et public

François RIBAC, compositeur et sociologue, vient de publier un rapport sur "la circulation et l’usage des supports enregistrés dans les musiques populaires en Ile de France". Dans un entretien paru dans Musique Info Hebdo du 12 juillet 2007, il retrace l'évolution de la diffusion de la musique en rappelant l'influence de la radio, des appareils de reproduction domestique jusqu'à la technologie numérique qui bouleverse les modes de reproduction et de diffusion à large échelle.

Il dresse un parallèle instructif avec les conséquences de l'invention de l'imprimerie : "Dans son livre La révolution de l’imprimé à l’aube de l’Europe moderne, Elisabeth Eisenstein a montré qu’au 16ième et 17ième siècles l’imprimerie a joué un rôle comparable aux platines de disques des Beatles, les savants ayant pu s’émanciper des maîtres scholastiques grâce aux livres, qui jouèrent le rôle d’« instructeurs muets". Aujourd'hui les prescripteurs des goûts et des choix ne sont plus seulement les éditeurs qui ont perdu le monopole de la reproduction et les disquaires, ce sont aussi les amateurs à travers leurs blogs et même certains auteurs qui réussissent à faire circuler leurs oeuvres qui n'auraient pas connu autrement pareille diffusion.

Ribac plaide pour la refondation du contrat social entre les éditeurs, les artistes et le public : " Nous devons refonder un nouveau contrat social qui ne pourra certainement pas être une nouvelle exception française, parce que les principaux acteurs concernés sont aujourd’hui mondiaux. Par ailleurs, on ne pourra plus faire l’impasse sur les intérêts de la société, ni surtout sur le fait que le consommateur est devenu un « copieur » à grande échelle, et un acteur à part entière dans la diffusion et dans la transmission de l’émotion artistique".

lundi 23 juillet 2007

Les enjeux de la mondialisation culturelle : recension du Ministère français de la culture

Sur le site du Ministère français de la culture sous la rubrique À LIRE :

Les enjeux de la mondialisation culturelle, Jean Tardif, Joëlle Farchy, Éditions Hors Commerce, 22 euros.

« La question la plus importante que pose la mondialisation n'est pas celle de savoir comment commercer davantage, comme le soutiennent les chantres de la globalisation économique. C'est plutôt de savoir et de décider comment vivre ensemble, non plus seulement à l'échelon local ou national, mais désormais aussi à l'échelle planétaire, avec des différences qui sont essentiellement culturelles et ne cessent de se renouveler », expliquent les auteurs en introduction. Comment faire aussi de ces différences une richesse plutôt qu'une source de clivages et de conflits. Ils remarquent d'ailleurs : « Il faut noter que l'intérêt pour la culture ne semble surgir qu'à partir du moment où la différence culturelle donne lieu à des revendications internes ou externes à portée politique. Les facteurs culturels apparaissent alors comme source de problèmes, d'autant qu'on ne s'attache guère à comprendre le rôle social de la culture ». Ce que les auteurs font au contraire d'emblée dans la première partie de l'ouvrage consacrée à une analyse des enjeux culturels de la mondialisation, rajoutant également les volets stratégique et économique. La seconde partie, à partir de cette analyse, cherche à identifier les moyens d'en maîtriser les dérives, avec la conviction que « les enjeux géoculturels sont appelés à constituer, sur le même pied que les enjeux géopolitiques et géoéconomiques, un axe de la gouvernance mondiale ».

Éditions Hors Commerce, 83, rue de Neuilly, 75012 Paris (www.horscommerce.com)

vendredi 20 juillet 2007

Les enjeux de la mondialisation culturelle - revue d'A.-M. Autissier

Revue du livre Les enjeux de la mondialisation culturelle par Anne-Marie Autissier

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vendredi 6 juillet 2007

Sénégal : les salles de cinéma ferment...

La mort récente du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane fournit l’occasion à l’Agence France Presse de jeter un regard sur la situation du cinéma au Sénégal. Le constat révèle une crise inquiétante.

Il reste aujourd’hui 18 cinémas au Sénégal qui en comptait 78 au début des années 80, selon le ministère de la Culture. Chaque cinéma n'a qu'une seule salle.

Pendant ce temps, à Dakar, les vendeurs de films DVD prospèrent, en proposant des DVD piratés qui sont vendus à environ 2000 francs CFA (environ 4,50 $) ou loués à 500 FCFA (moins de deux dollars) pour un ou deux jours. Les DVD étant le plus souvent regardés en famille, cela revient beaucoup moins cher que le cinéma, où le prix d'une place va de 150 FCFA (O,40 $) à plus de 2000 FCFA par personne.

La production cinématographique est également en crise.

«Il y a entre 60 et 70 autorisations de tournage par an, dont plus de la moitié sont effectivement tournées. Mais ces films des courts et longs métrages et des documentaires sont davantage vus à l'extérieur» du pays, selon le directeur de la cinématographie au ministère de la Culture, Amadou Tidiane Niagane.

«On s'est fourvoyé avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui ont préconisé une privatisation du cinéma» dans les années 1980, affirme pour sa part le président de l'Association des cinéastes sénégalais, Cheikh Ngaïdo Bâ.

«C'est la pire privatisation qu'on ait eue au Sénégal. La société publique qui gérait le cinéma faisait des bénéfices de 200 à 800 millions de FCFA entre 458 000 et 1,8 million de dollars par an», assure M. Niagane, en référence à l'âge d'or du cinéma, pendant les années Senghor (1960-80).

Le Fonds de promotion à l'industrie cinématographie promis en début d'année attend toujours une dotation de trois milliards de FCFA (plus de 6,8 millions $). Et le centre national de la cinématographie, promis par les autorités, est toujours virtuel.

(dépêche AFP publiée par le quotidien montréalais Le Devoir : http://www.ledevoir.com/2007/07/06/149482.html# )

samedi 24 février 2007

Concentration : la position des producteurs indépendants évolue

L'association des producteurs indépendants (IMPALA) s'est vigoureusement opposée au projet de fusion SONY-BMG qui avait été validé par la Commission européenne. Le communiqué résumant sa position a été publié sur le site du Forum et cette fusion n'est toujours pas réglée.

Lors du MIDEM qui s'est tenu récemment à Cannes, l'Union des producteurs indépendants a annoncé la mise sur pied de MERLIN, une agence internationale chargée de négocier la diffusion de leurs catalogues avec les nouveaux réseaux d’exploitation de la musique. L'agence se targue de représenter 30% du marché de la musique, et quasiment 80% des nouveautés dans le monde. Elle veut agir avec un mot d'ordre: «des accords équitables pour tous les indépendants».

voir l'article de ZdNET

En retour d'un soutien de Warner à MERLIN, l'UPFI a décidé de ne pas s'opposer au rapprochement envisagé entre Warner et EMI. Warner semblerait prête à offrir 6 milliards $ pour racheter la maision de disques britannique, actuellement valorisée à 3 milliards $, et qui négocie pour tenter de préserver son autonomie.

Les grandes manoeuvres se poursuivent donc dans le secteur de la musique enregistrée. Elles obligent tous les acteurs à revoir constamment leur stratégie. L'ensemble des acteurs de la musique tente de faire front en prévision des prochaines négociations avec les opérateurs Internet de télécommunications, qui veulent eux aussi diffuser de la musique.

vendredi 16 février 2007

Ownership of Media Devalues Democracy by Ernest A. Canning, an attorneyof Thousand Oaks

Un point de vue américain sur les rapports entre propriété des médias et démocratie

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