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LA FRANCOPHONIE: L'UNE DES REPONSES A LA MONDIALISATION CULTURELLE?
La francophonie des arts et de la création
Bucarest- 23 septembre 2006
Compte - rendu de la Table-ronde 1 : La francophonie des arts et de la création, par Nicole OTTO
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Président: Henry Ingberg
Intervenants: Pierre-Jean Benghozi, Dora Bouchoucha, Dan Burlac, Joëlle Farchy, Luc Jabon, Jean-Pierre Lang, Bernard Miyet, Philippe Olivier, Nicole Otto, George W. Ross, Abram de Swaan, Céline Thongsavath
La francophonie est-elle un cadavre dont nous disséquons de concert les saveurs, une voiture dont la fulgurante carrosserie s'avère un piètre trompe-l'oeil et le moteur démuni de carburant? Est-elle le rêve de grandeur d'un pays qui aurait perdu son sang et son rang entre les deux guerres, ou "l'amour mystifiant et mystifié" d'une culture plutôt que d'une langue? Les nouvelles élites d'Europe de l'Est et du Sud seraient-elles toutes acquises à l'anglophonie et anglophilie sans retour, le fossé ne se creuse-t'il pas entre le Sud et le Nord en raison des récentes orientations des politiques européennes et publiques? Y a-t'il même une francophonie des arts et de la création - sachant qu'aucun professionnel ne peut en concevoir l'image? Ou celle-ci ne serait-elle que l'espace fracturé où des économies disparates et non formatées se croiseraient sans parvenir à dialoguer? Telles sont quelques-unes des craintes, des critiques et des questions librement débattues au cours de la première table-ronde de ce séminaire, organisé à l'Institut Culturel Roumain de Bucarest par l'Association PlanetAgora le 23 septembre 2006, en marge du XIème Haut Sommet de la Francophonie.
Dans un monde où tant les changements d'échelles (ces concentrations économiques drastiques qui créent une situation d'urgence) que les changements d'orientations économiques, intellectuelles et religieuses s'accélèrent vertigineusement, où la montée de la Chine et de l'Inde tout comme l'annonce du déclin américain dessinent une si incertaine donne, un monde où les enjeux stratégiques deviennent à mesure extra-nationaux, la francophonie, espace multi-culturel, multi-idéologique, multi-religieux pourrait être le laboratoire d'une culture équitable, qui favorise les structures de création, si elle parvenait à relever quelques défis et lever quelques contradictions.
Parmi les propositions avancées par les intervenants:
il serait souhaitable que le politique fasse cohabiter les langues françaises (sans impérialisme ni rapport dominant/dominé); que la francophonie soit l'exemple d'un choix politique de la diversité ;
la francophonie devrait se concevoir comme un acteur et moteur de la paix, en dialogue avec d'autres aires géoculturelles ;
il serait judicieux que les pays francophones occidentaux soient plus solidaires, et que les politiques Nord-Sud s'attachent en priorité à réduire l'écart existant (il conviendrait de financer et favoriser les échanges plutôt que d'assigner la création en résidence, soit de renverser la tendance des récentes années) ;
la création devrait être stimulée, mais elle devrait l'être en intégrant mieux le créateur dans le processus de décision - sans évidemment oublier que la gestion collective est un moyen de respecter des équilibres dans cet univers de concentration renforcée ;
il faudrait penser mise en réseaux (transversalité) et communication (création d'un site francophonie - fort étrangement inexistant-, investissement de la toile [notamment de Google et Wiki-pédia], statut des agences littéraires dans le monde francophone, chroniques spécifiques dans les journaux, magazines télévisuels dans des créneaux de grande audience, articles scientifiques en français en ligne...) ;
sur le fond il conviendrait d'affiner les outils (distribution et diffusion) plutôt que de peaufiner l'affirmation de la diversité ;
enfin il conviendrait de réfléchir en termes de niche (conformément à la théorie économique de la longue traîne) plutôt qu'en terme de combat frontal des bestsellers et des blockbusters. On sait combien cette théorie de la comète (the long tail) est en effet porteuse d'espérance, ou pour citer Chris Anderson: "Le futur des marchés culturels réside dans les millions de marchés de niche cachés au fin fond du flux numérique". Elle est notamment bellement illustrée par l'exceptionnelle intensification des échanges dans la recherche et l'enseignement européens, ou la courbe nouvellement inversée des ventes de fonds dans l'édition, et plus encore par la croissance exponentielle de l'e-commerce des biens culturels( selon la Fevad + 40% en 2005, + 40% au premier semestre 2006 pour le marché français).
Retenons ce message d'espérance, en conclusion provisoire de ces premiers travaux.
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» Lire les autres contributions :
Première table ronde : La Francophonie des arts et de la création
Pierre-Jean BENGHOZI -
Dora BOUCHOUCHA -
Dan BURLAC -
Joëlle FARCHY -
Luc JABON -
Jean-Pierre LANG -
Nicole OTTO -
Bernard MIYET -
Philippe OLIVIER -
Céline THONGSAVATH
Nicole OTTO : Compte-rendu
Deuxième table ronde : La Francophonie de l'information et des médias
Bernard CASSEN -
Michel CERDAN -
Béatrice COMANESCU -
Dominique GALLET -
Henry INGBERG -
Alexandre LÉVY -
André de MARGERIE -
Yvon THIEC
Christophe GERMANN : Compte-rendu
Troisième table ronde : La Francophonie, acteur géoculturel
Claude FISCHER -
Christophe GERMANN -
Ahmet INSEL -
Abdoulaye E. KANE -
Jean MUSITELLI -
Joseph PARÉ -
Jean TARDIF -
Maria Alvès TROVOADA -
Pierre-André WILTZER
Rapport de synthèse, par Pierre-Jean BENGHOZI
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