La francophonie est confrontée à de nombreux défis liés à la mondialisation, mais celui de la communication me semble le défi central, dont beaucoup d'autres dépendent. D'abord à cause de la profonde fracture informatique Nord/Sud qui coupe de nombreux peuples francophones de l'accès aux nouvelles technologies, et par conséquent à des pans entiers de l'information et du savoir.
L'autre front est celui des contenus. Aujourd'hui seuls existent aux yeux du monde les peuples qui disposent de leur mémoire audiovisuelle et qui produisent leur propre imaginaire. Les maîtres mots sont produire, diffuser, sauvegarder. À l'heure de la mondialisation, un des nouveaux sanctuaires de la souveraineté des peuples est la liberté du regard.
Mais, intimement liée à ces batailles pour la réduction de la fracture technologique, pour la production des contenus et leur diffusion sur les réseaux mondiaux, il est une bataille essentielle pour la francophonie, c'est celle du dialogue des peuples, de la connaissance mutuelle, sans laquelle ne pourra naître un véritable sentiment d'appartenance communautaire.
C'est autour de cette préoccupation que les organisateurs du Forum ont formulé les interrogations qui introduisent notre débat sur l'information et les médias :
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La francophonie peut-elle devenir un espace de création et de diffusion culturelle qui valorise la diversité ? Un espace médiatique commun qui peut illustrer et rendre attrayante la multiplicité des voies et des voix ? Une aire d'interactions privilégiées fondées sur l'ouverture et la réciprocité ? Une figure du pluralisme qui recèle les richesses de la diversité ?
C'est pour répondre positivement, et très concrètement, à ces interrogations que nous nous posions alors, et pour contribuer à bâtir, à affirmer, cet espace de dialogue entre les peuples et les cultures, que Mona Makki et moi-même avons lancé le magazine télévisé Espace francophone. Parce qu'elle est fondée sur une langue partagée, la francophonie existe avant tout grâce à la communication et ne peut se développer, s'approfondir, que par le renforcement de la communication entre ses peuples. C'est dans ce but, à la fois simple et ambitieux, qu'a été créé le magazine télévisé de la francophonie. Malgré, à l'époque, l'indifférence, le scepticisme général, mais aussi grâce, il ne faudra jamais l'oublier, à quelques francophones de conviction et de vision qui, contre vents et marées, nous aideront à traverser les épreuves et à pérenniser l'outil.
Diffusé aujourd'hui par France 3, France Ô, Canal France International, les chaînes de RFO Tempo, TV5 Québec-Canada et plus de quarante télévisions nationales d'expression française, Espace francophone s'est imposé au fil des ans et est devenu un rendez-vous hebdomadaire fidélisé pour des millions de téléspectateurs sur tous les continents, un rendez-vous avec les gens, les entrepreneurs, les créateurs de la francophonie. C'est un miroir qui permet de faire rayonner au loin les mille facettes des traditions, des cultures, des œuvres et des spectacles de notre communauté planétaire, d'entrer dans l'intimité de la vie quotidienne des francophones, de connaître leurs aspirations, leurs luttes, leurs espoirs.
Quand Jean Tardif m'a demandé de participer à ce Forum, il m'a dit notamment le souhaiter au nom de l'expérience concrète du magazine Espace francophone, espace médiatique commun valorisant la diversité.
Je crois en effet que le développement réussi de notre rôle et de notre impact dans les opinions publiques du monde d'expression française, démontre la pertinence d'une orientation qui devrait prévaloir dans la francophonie : ce que j'appelle la "stratégie des leviers".
En effet qui pouvait prévoir, il y a plus de deux décennies, que le petit ruisseau Espace francophone allait construire un tel réseau télévisuel mondial et égalitaire ? Certains ont compris que cet outil fragile de l'origine pourrait être ce "levier" à l'impact démultiplié que nous sommes devenus. Je pense que c'est à l'aune de cette stratégie des "leviers" que la francophonie doit aujourd'hui développer ses priorités.
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Première table ronde : La Francophonie des arts et de la création
Pierre-Jean BENGHOZI -
Dora BOUCHOUCHA -
Dan BURLAC -
Joëlle FARCHY -
Luc JABON -
Jean-Pierre LANG -
Nicole OTTO -
Bernard MIYET -
Philippe OLIVIER -
Céline THONGSAVATH
Nicole OTTO : Compte-rendu
Deuxième table ronde : La Francophonie de l'information et des médias
Bernard CASSEN -
Michel CERDAN -
Béatrice COMANESCU -
Dominique GALLET -
Henry INGBERG -
Alexandre LÉVY -
André de MARGERIE -
Yvon THIEC
Christophe GERMANN : Compte-rendu
Troisième table ronde : La Francophonie, acteur géoculturel
Claude FISCHER -
Christophe GERMANN -
Ahmet INSEL -
Abdoulaye E. KANE -
Jean MUSITELLI -
Joseph PARÉ -
Jean TARDIF -
Maria Alvès TROVOADA -
Pierre-André WILTZER
Rapport de synthèse, par Pierre-Jean BENGHOZI