Thème 1, sujet 2 :
Sommaire et Questions
LES ENJEUX GÉOCULTURELS
Les espaces géoculturels ne coïncident plus forcément avec les territoires natio-naux et acquièrent une dimension stratégique Aller »
POLITIQUES PUBLIQUES et CULTURE
Le défi politique d'inventer les moyens pour maîtriser la mondialisation culturelle Aller »
ÉCONOMIE
et CULTURE

Comment concilier la logique du marché fondé sur l'intérêt et la logique de la culture orientée vers la création du lien social? Aller »
COMMUNICATION
et CULTURE

À l'ère des médias globaux, on ne peut penser ni comprendre la communication sans la culture Aller »
MAITRISER LA MONDIALISATION CULTURELLE
Il faut inventer les moyens de définir les conditions dans lesquelles les différences deviennent un enrichissement et non une cause de conflits Aller »
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 Mondialisation et cultures : quels enjeux ?

 Sommaire et questions

Qu'y a-t-il de commun entre le 11 septembre et les événements politiques récents au Moyen-Orient et dans plusieurs pays européens ? Au delà des différences, se trouve posée l'une des questions cruciales de notre époque : comment vivre ensemble ? Question à laquelle un nombre grandissant de pays partout dans le monde devront apporter des réponses nouvelles en tenant compte de leur histoire et de leur contexte. Question qui se pose aussi avec une acuité inédite à l'échelon extranational : comment reconnaître concrètement les besoins d'identité culturelle, aussi importants pour les petites que pour les grandes sociétés, et qui ne coïncident pas toujours avec les frontières étatiques ? Comment aménager les rapports entre les sociétés et les cultures en respectant les multiples façons de vivre la modernité de la condition humaine ? Comment reconnaître concrètement le fait que le besoin d'identité (la dimension culturelle) constitue l'un des moteurs de la dynamique mondiale ?

S'il est évident que les rapports entre les cultures ne passent plus principalement par les relations interétatiques, peut-on les abandonner aux seules règles du marché ? À travers les médias, principal vecteur de la mondialisation culturelle, s'opèrent aujourd'hui des interactions entre les cultures d'une portée souvent plus considérable que celles qui interviennent à l'échelle du voisinage. Est-il acceptable de laisser à cinq ou six grands groupes le contrôle de ce qui circule sur les ondes et sur les écrans quand on sait le poids des images, des concepts, des valeurs et de la vision du monde qui contribuent à modeler les identités ?

Les possibilités d'enrichissement culturel sont-elles compromises par la grande inégalité qui caractérise les flux des échanges audiovisuels ? Alors que les partisans du libéralisme n'hésitent pas à prendre des mesures pour protéger leurs industries nationales de l'acier ou leur secteur agricole ou textile, est-il acceptable de réclamer une plus grande ouverture des marchés culturels alors que les écrans de la majorité des pays sont occupés par des productions étrangères, dans des proportions qui dépassent souvent 85% ? Tous les pays n'ont pas de pétrole, mais toute société a une culture qui assure sa cohésion : les échanges culturels ne doivent-ils pas obéir avant tout à un impératif de réciprocité minimale qui justifierait une clause de sauvegarde ou de précaution ?

Promouvoir le pluralisme culturel, est-ce seulement défendre un statut exceptionnel des biens et services culturels dans un univers marchand ou le pouvoir des États de conduire leur politique culturelle interne ? ou n'est-ce pas plutôt promouvoir la liberté d'exercer ses choix individuels et collectifs dans des conditions suffisantes d'autonomie et sans contraintes ou conditionnements extérieurs déterminants, y compris dans la possibilité de produire et d'échanger ses diverses formes d'expression culturelle ?

Il y a vingt ans, on a pris conscience de l'importance de défendre l'écosystème physique. N'est-il pas plus important encore de défendre l'écosystème humain fondé sur le pluralisme culturel ? Cette prise de conscience peut-elle entraîner les décisions politiques qui s'imposent sans passer par des débats publics sur les enjeux géoculturels ?

La gouvernance globale ne doit-elle pas accorder à la sécurité culturelle ou aux enjeux géoculturels une importance comparable à celle qui est reconnue aux enjeux de sécurité militaire et de croissance économique ? Ne faut-il pas envisager, face au Conseil de sécurité et à un éventuel Conseil de sécurité économique proposé par Jacques Delors, un Conseil mondial des cultures, nouvelle instance politique chargée de superviser un régime adapté aux échanges culturels et conciliant à la fois la nécessaire ouverture et les exigences de réciprocité minimale indispensable ?

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