Suivant les contextes et les discours, la « mondialisation » / « globalisation » se présente comme un concept protéiforme et polysémique qui ne cesse d’évoluer en revêtant de forts investissements idéologiques. Le vocable français « mondialisation » et le terme anglais « globalization » sont perçus parfois comme décrivant les mêmes réalités, et parfois comme recouvrant des phénomènes différents, ce qui n’aide guère à dissiper la confusion. De plus, en français les deux mots possèdent un sens différent, alors qu’en anglais seul « globalisation » est utilisé. S’agit-t-il d’une question de traduction ou les deux mots comportent-ils des connotations correspondant à des visions du monde différentes ?
Pour répondre à cette question il convient d’abord de revenir sur la genèse des deux concepts.
« Globalisation » proviendrait du mot latin « globus » (corps sphérique, la Terre, maquette du monde). La globalisation impliquerait donc l’idée d’organisation et de gestion de l’espace en mettant l’accent sur le présent alors que le terme « mondialisation », dérivé du mot « monde », s’inscrirait dans une perspective complexe et multidimensionnelle à la fois historique et philosophique. Le monde est pluriel et diversifié, alors que le globe, en tant que modèle matériel du monde, est uniformisant et totalisant.
L’idée d’opérationnalité et de rationalité propre au concept anglo-saxon « globalisation » est liée à l’introduction de ce mot dans les années 1960 dans les analyses sur les nouvelles technologies de la communication et de l’information (McLuhan :1967) et à sa cristallisation dans les années 1980, dans les analyses de certains économistes américains étudiant le processus de globalisation des marchés et le fonctionnement de la soi-disant « firme globale » (Levitt :1983, Ohmae : 1985). En s’imposant dans le domaine de l’économie et des finances le concept de « globalisation » réduit les changements beaucoup plus complexes et ambigus de ce processus à la seule dimension économique.
La primauté des implications économico-financières de « globalisation » a été critiquée par certains analystes français, tels les membres du GERM (1). et du GEMDEV (2). qui mènent des recherches sur diverses dimensions et conséquences des transformations globales. En soutenant que la « globalisation » et la « mondialisation » sont « deux monnaies qui ne désignent pas la même valeur » (Bernard 2002 : 66) ils s’appliquent à faire contrepoids au discours anglo-américain privilégiant la globalisation économique au détriment des autres aspects de ce processus.
En examinant l’étymologie des deux mots, Jean Piel (1999 : 149) avance l’hypothèse que la « mondialisation » signifie un « processus aboutissant à l’état actuel de la planétarisation unifiée des interdépendances de toute l’humanité terrestre » alors que la « globalisation » « n’est qu’un avatar épisodique de la loi tendancielle des marchés de libre concurrence à réduire les différences, donc à systématiser en une économie unique – « globale », pas obligatoirement « mondiale » - le jeu contradictoire des lois économiques dans des environnements encore divers » (Piel 1999 : 143).
La globalisation se définit donc comme un processus unidimensionnel derrière lequel se cache un projet idéologique s’intéressant à l’organisation du temps et de l’espace au profit des intérêts économiques. A l’inverse, la « mondialisation », liée à l’idée de planétarisation des relations sociales dans le monde, renvoie à un processus historique multicausal véhiculé par plusieurs mécanismes économiques mais aussi politiques, culturels, informatiques, sociaux et autres qui peuvent connaître des fluctuations diverses.
En développant cette logique, les membres du GERM et du GEMDEV soulignent le fait que seul le concept français de « mondialisation » peut être historiquement légitimé comme un processus d’intégration multidimensionnelle, ou bien comme une planétarisation, alors que la globalisation ne serait qu’une privatisation du monde effectuée par les acteurs économiques. La « mondialisation », soutiennent-ils, renvoie à deux idées. D’une part, ce mot désigne un processus historique et d’autre part, il décrit aussi un processus évolutif à plusieurs vitesses, ce qui permet de parler de « mondialisations » au pluriel pour mieux discerner ses formes variées :
« La mondialisation n’est pas une, elle est plurielle, elle n’est pas nouvelle, elle est ancienne, elle ne concerne pas un seul domaine, elle se manifeste et s’exprime dans plusieurs, sinon dans tous les domaines. L’anthropologie a identifié ce phénomène à trois grands moments de l’histoire humaine : dans la Préhistoire, dans l’Antiquité et dans l’histoire moderne et contemporaine » (Memel-Foté 2002 : 318).
Ici se révèle une caractéristique spécifique du discours français sur la mondialisation, qui se traduit par la tendance à historiciser ce phénomène en l’expliquant comme un processus de rapprochement et d’unification du monde de longue durée. François de Bernard, le président du GERM, parle d’une « première mondialisation » sous forme d’une planétarisation humaine marquée par le déplacement des groupes humains sur la terre. Ce premier processus mondialisant a été suivi par d’autres mondialisations expansionnistes et religieuses. Enfin, les formes modernes et contemporaines de la mondialisation se produisent avec l’expansion du capitalisme.
La première forme moderne, selon le même auteur, serait l’extension à tout l’œcoumène de l’économie du marché, entamée à l’époque des découvertes géographiques et achevée avec la planétarisation du marché et l’hégémonie de l’économie sur la politique, l’idéologie et la culture, créant un monde uniforme, avec une pensée dominante quasi unique, la pensée néolibérale. La deuxième forme de la mondialisation moderne apparaîtrait liée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, plus précisément à la compétition entre les super-puissances dans le champ de l’économie mondiale où les États-Unis vont essayer d’imposer leur leadership sous couvert de « globalisation ». Ce concept anglo-américain prétend décrire un processus sans objet, sans sujet et sans fin. Il représente donc uniquement les tendances actuelles de l’intégration économique et financière, que l’on tente de présenter comme naturelles et objectives afin de dissimuler les projets idéologiques néolibéraux et les acteurs qui les dirigent. Or, la « globalisation » révèle la phase actuelle, mais « perverse », du processus beaucoup plus humain de la « mondialisation- planétarisation ». Dans cette logique, la « globalisation » n’est pas conçue comme processus, mais plutôt comme un projet idéologique de légitimation du capitalisme et de l’impérialisme américain. D’où l’association souvent opérée entre « globalisation » et « américanisation ».
Collision idéologique de deux visions du monde
Pour mieux cerner la question « mondialisation » versus « globalisation », il ne serait pas inutile de reconstruire l’image de la « globalisation – projet » telle qu’elle est vue dans le discours français d’opposition.
Après la chute du mur de Berlin, les processus économiques et financiers ont acquis une vitesse inouïe de mouvement et de diffusion. Mais malgré les attentes d’un développement autonome et transparent de l’économie globale émergeante, un seul pays – les États-Unis – est monté en tête de la « marée économique » et a pris le contrôle de l’économie globale. Afin d’occulter sa politique économique expansionniste et hégémoniste, le gouvernement américain s’est approprié le terme de « globalisation » en essayant de le présenter comme un processus « inévitable, irréversible et bénéfique » (Minc:1997)
Serge Latouche, parmi d’autres, s’efforce de dévoiler et de dénoncer cette « globalisation » camouflée :
« (…) le vocable est loin d’être innocent : il laisse entendre qu’on serait en face d’un processus anonyme et universel, bénéfique pour l’humanité, et non pas que l’on est entraîné dans une entreprise souhaitée par certains et à leur profit, présentant des risques énormes et des dangers considérables pour tous » (Latouche 1998 : 9).
Ici se dégage un trait important de l’image de la globalisation, notamment celui de son intentionnalité résultant des efforts de certains acteurs, surtout américains, d’imposer et de justifier leur propre vision du double triomphe de l’individualisme et du marché qui obligerait ainsi à réduire le politique à l’économique.
D’après Pierre Bourdieu, le vocable anglais de « globalisation » est, en effet,
« (…) un pseudo-concept à la fois descriptif et prescriptif qui a pris la place de mot de « modernisation », longtemps utilisé par les sciences sociales américaines comme une manière euphémistique d’imposer un modèle évolutionniste naïvement ethnocentrique qui permet de classer les différentes sociétés selon leur distance à la société américaine, instituée en terme et en but de toute l’histoire humaine (…). Ce mot (et le modèle qu’il exprime) incarne la forme la plus accomplie de l’impérialisme de l’universel, celui qui consiste, pour une société, à universaliser sa propre particularité en l’instituant tacitement en modèle universel » (Bourdieu 2001 : 96-97).
P. Bourdieu met aussi l’accent sur l’intentionnalité de la globalisation qu’il conçoit comme un processus purement économique dirigé par les États-Unis. En cela, le sens descriptif du mot désignant « l’unification du champ économique mondial ou l’extension de ce champ à l’échelle du monde » (Id. Ibid : 96) est rendu invalide par la prépondérance du sens normatif qui est celui d’une « politique économique » néolibérale visant à réduire à néant les obstacles à cette unification et à écarter de cette manière les États-nations de la sphère économique. Une telle politique de « dépolitisation » ou de « dénationalisation » serait très favorable aux États-Unis dont le modèle économique, à la différence des économies européennes, est moins lié au rôle direct de l’État. Dans cette logique, la « globalisation » s’associe, non seulement à un processus économique asymétrique et sélectif, mais aussi à une américanisation.
En allant plus loin, P. Bourdieu qualifie cette américanisation d’une « sorte d’œcuménisme qui trouve ses justifications dans la diffusion universelle de vie cheap de la « civilisation » du McDonald’s, du jean et du coca-cola » (Id. Ibid: 101). Par « œcuménisme » il faut évidemment entendre une forme perverse d’universalisme fondée sur la domination économique, financière, militaire, politique, culturelle et linguistique des États-Unis. Un « universalisme pervers » parce que le concept parait être approprié par un seul acteur qui l’utilise dans un sens large pour dissimuler sa politique de domination économique.
Il convient de se demander pourquoi l’interprétation fortement négative du mot tire son origine exactement du contexte français ? En d’autres termes, pourquoi les théoriciens français sont-ils tellement sensibles au contenu de ce mot et ne voient-ils derrière lui qu’une technique manipulatrice de privatisation du monde à l’américaine bien cachée derrière un prétendu projet « universaliste » ? Comment expliquer leur volonté d’ériger la « mondialisation » comme un « bouclier de protection », au sens figuré, contre l’envahissante « américanisation-globalisation » ?
L’une des raisons principales de la sensibilité française tient au rôle régulateur que l’État français joue traditionnellement dans le secteur économique destiné à assurer l’équilibrage social. Il s’agit plus précisément du fait que l’idée même de l’État social (l’État-providence) se trouve aujourd’hui mise en question par les processus de mondialisation. La réaction anti-américaine française est née essentiellement du mécontentement social face aux tentatives d’imposition d’une réalité anti-humaniste et anti-sociale. Cette réalité serait dirigée par les intérêts économiques d’un seul pays – les États-Unis – dont l’objectif stratégique, en lançant le cheval de Troie de la « globalisation », est de légitimer et de justifier leur hégémonie géopolitique, économique, politique et militaire dans le monde. Les théoriciens français s’appliquent à démontrer que cette « globalisation-américanisation », dominant la phase économique actuelle du processus historique de mondialisation, n’est qu’un projet idéologique néfaste pour la démocratie, à cause des tendances à la dés-institutionnalisation, et pour la diversité culturelle menacée par la culture américaine de masse et les industries culturelles. Ainsi, sur le plan politique et culturel, la « globalisation » est vue comme porteuse de conséquences négatives et comme révélatrice du projet néolibéral visant à la création d’une économie globale libéralisée et dérégularisée étouffant le politique.
La « globalisation », dit Pierre Bourdieu, n’est qu’un mythe créé pour légitimer la politique impérialiste américaine, imprégnée de l’idéologie néolibérale de la libéralisation totale de l’économie, des mécanismes régulateurs étatiques, afin d’ouvrir la voie vers la création d’un « marché prétendu global ». « Prétendu » parce qu’il sera dominé par les multinationales américaines (Bourdieu 1996). Il s’agit donc de « démystifier » la « globalisation » pour montrer qu’elle est un processus intentionnel et inégal.
À la différence de la « globalisation économique », la « mondialisation » est, d’abord, plus englobante parce qu’elle désigne toute la diversité du processus actuel sans privilégier ses aspects économiques et financiers. Or, elle comprend aussi les dimensions politiques, sociales et culturelles. Ainsi, la « mondialisation » paraît être un processus multidimensionnel et beaucoup plus complexe que la « globalisation ». Contrairement au caractère anhistorique de la « globalisation », la « mondialisation » se présente comme un processus historique passant par plusieurs étapes dans son développement, c’est-à-dire par plusieurs « planétarisations » de type démographique, géographique, religieux, économique, politique et culturel. Vue sous cet angle historique, la « globalisation » ne serait que la dernière phase de la planétarisation économique et financière de la mondialisation.
Une autre différence d’importance entre les deux termes est que contrairement à la globalisation, conçue comme un processus avant tout rationnel, la mondialisation a des connotations sociales liées au fait que le « mondial » renvoie à « l’universel ». Or, la prétention à l’universel de la « globalisation » est souvent critiquée et estimée comme « fausse » du fait que le « global » renvoie prioritairement à des échelles spatiales et non pas historiques et métaphysiques.
Le rapport entre la « mondialisation » et la « globalisation » comme « lutte discursive »
Il est clair que les différences entre les deux termes esquissées au-dessus ne peuvent pas être niées, ni négligées. Toutefois, le problème est loin d’être résolu parce qu’une fois que l’on sort du contexte français, ces différences ne sont plus tenables. Car hormis les langues latines, toutes les autres langues utilisent un seul mot pour décrire ce phénomène, qui est issu de la traduction de l’anglicisme de « globalisation ». D’ailleurs, même dans les analyses françaises, on rencontre souvent le terme seul de « globalisation » dont les significations comprennent celles du terme anglais de « globalis(z)ation » et celles du terme français de « mondialisation ». Voilà pourquoi, on peut considérer que cette question sémantique n’est qu’une « lutte discursive », c’est-à-dire une mise en concurrence de deux discours différents, voire deux visions de la réalité, où chacune tente de se montrer plus légitime et plus apte que l’autre à décrire et à expliquer les multiples métamorphoses actuelles. En d’autres termes, il s’agit d’une « confrontation » entre « les mots et les choses » en évoquant la conception de Michel Foucault, entre le « dit » et le « réel ». C’est une « lutte » entre les « mots » pour identifier « les choses », parce que le fait de nommer est déjà le premier pas vers le contrôle de « l’existant ». Or, nommer implique déjà contrôler : celui qui attribue le nom au réel et aussi celui qui lui impose sa propre vision et qui peut ensuite le diriger. Construire une image de la contemporanéité est donc plus qu’un acte cognitif. C’est surtout un geste constitutif du pouvoir puisqu’au cœur des deux termes « mondialisation » et « globalisation » reposent deux idéologies et représentations différentes du monde.
L’antinomie discursive entre la « mondialisation » et la « globalisation » révèle ainsi deux visions différentes du monde – la vision britannico-américaine imaginant le monde comme un avatar purement économique et la vision française qui tente de faire contrepoids à la mise en économie et à la marchandisation du monde en mettant en œuvre des mécanismes de régulation des processus débridés de la globalisation économique, afin de promouvoir la construction d’un monde plus égal et plus humain. Derrière ces deux visions se cachent bien évidemment l’idéologie néolibérale visant à réduire le politique et le social à l’économique, et l’idéologie humaniste et universaliste reposant sur l’idée qu’une mondialisation plus sociale et plus humaine est possible.
Ces réflexions nous amènent à la conclusion que bien qu’en apparence la question « mondialisation » versus « globalisation » soit un problème d’ordre sémantique, en réalité il se révèle être un problème idéologique. L’analyse proposée a permis d’éclaircir les significations des concepts « mondialisation » et « globalisation » et leur appréhension particulière par certains analystes français. Ainsi, on voit se dévoiler une conception particulièrement française, réflexive et critique, que j’appellerais la vision d’une « globalisation à la française », c’est-à-dire d’une mondialisation sociale, culturelle, humaine et démocratique.
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Bibliographie
BERNARD F. (2002) « Problématiques des mondialisations »,: Barret-Ducrocq F., Quelle mondialisation? Paris : Grasset, p. 60-70.
BOURDIEU P. (2001) Contre-feux 2. Paris : Raisons d’agir.
BOURDIEU P. (1996) Le mythe de l’Etat social européen. Intervention à la Confédération générale des travailleurs grecs à Athènes,
Disponible sur www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/contrefeu/mythe.html
FOUCAULT M.(1990) Les mots et les choses, Paris : Gallimard.
GEMDEV (1999) Mondialisation : Les mots et les choses. Paris : Karthala.
GERM Dictionnaire critique de la mondialisation. Paris : Le Pré aux Clercs
GORDON Ph. et MEUNIER S. Le nouveau défi français. La France face à la mondialisation. Paris : Odile Jacob.
LATOUCHE S. (2001) « La mondialisation démystifiée », Goldsmith E. et Mander J., Le procès de la mondialisation. Paris : Fayard.
LATOUCHE S. (1998) Les dangers du marché planétaire. Paris : Presses de sciences po.
LEVITT Th. (1983) “The Globalization of Markets”, Harvard Business Review, mai-juin 1983.
MEMEL – FOTÉ H. (2002) « Essai sur une mondialisation humaine », Barret-Ducrocq F., Quelle mondialisation ? Paris : Grasset.
McLUHAN M. (1967) La Galaxie Gutenberg. La genèse de l’homme topographique. Paris : Gallimard.
MINC A. (1997) La mondialisation heureuse. Paris : France Loisirs.
OHMAE K. (1985) Triad Power, the Coming Shape of Global Competition. New York : The Free Press.
PIEL J. (1999) « De quelques considérations lexicales et historiques à propos de la « mondialisation », GEMDEV, Mondialisation. Les mots et les choses. Paris : Karthala.
Revue du MAUSS (2002) Quelle autre mondialisation ?, no. 20, Paris : La Découverte, p. 141-169.
Notes :
1.- Le GERM (Groupe d’études et de recherches sur la mondialisation), organisation non-gouvernementale, fondé en 1999 sous la direction de François de Bernard, réunit universitaires, chercheurs, écrivains, artistes, acteurs, pédagogues et étudiants, originaires d’une quarantaine de pays. Leur objectif est de réfléchir sur les problèmes de la « mondialisation », en particulier de faire contrepoids à « la privatisation économique » du terme anglo-saxon de « globalisation » en mettant en avant ses multiples implications – politiques, géographiques, culturelles, sociales, etc.
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2.- Le GEMDEV (Groupe d’intérêt scientifique pour l’étude de la mondialisation et du développement) est créé en 1983 comme une organisation interdisciplinaire scientifique attachée au Ministère de l’Éducation nationale et du développement de la recherche de la France. Il réunit des doctorants, des équipes de chercheurs provenant de différentes disciplines et universités dans la région de l’Ile-de-France, qui s’appliquent à décortiquer le concept protéiforme de « mondialisation » pour décrire et expliquer les processus complexes et multiples qu’il prétend nommer. En 1999 le Groupe publie une collection d’articles intitulée Mondialisation. Les mots et les choses.
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