Les débats publics que veut susciter le Forum permanent sur le pluralisme culturel portent sur les enjeux géoculturels dont la dimension est principalement extranationale. La mondialisation culturelle ne fait pas disparaître les États-nations, mais elle instaure une nouvelle dynamique à laquelle aucune société ouverte ne peut se soustraire. Il est donc important d'essayer de l'appréhender et de la comprendre si l'on ne veut pas se limiter à gérer les effets des processus globaux.
Le Forum ne vise nullement à intervenir dans les débats qui concernent les aménagements que chaque pays recherche en vue de composer avec la diversité des composantes de sa population. C'est à l'intérieur de l'arène politique nationale que ces débats doivent être menés. Chaque État est appelé à inventer, en tenant compte de son histoire et de sa réalité socioculturelle, les modalités qu'appelle la diversité qui prend, dans chaque cas, une figure singulière. C'est la prétention à vouloir conférer une portée universelle à tel ou tel modèle national qui peut être discutée et même contestée par les autres.
Nulle part, les modalités d'intégration et d'insertion ne peuvent prétendre aujourd'hui épuiser les pôles d'identification des individus. De plus en plus, chacun peut choisir des éléments d'identification qui le relient à des réseaux transnationaux et qui interfèrent avec l'identification nationale. On découvre ainsi que l'identité individuelle comme ce que l'on appelle une culture nationale, constituent des processus incessants que nul ne peut prétendre figer à un stade donné.
C'est dans cette perspective, alors que les "identités nationales " doivent composer avec d'autres entités à fondement culturel - diasporas, sphères culturelles, etc. - que peuvent être abordées de façon critique et prospective les politiques publiques qui visent à instaurer un " modèle national " capable d'assumer de façon effective et acceptable pour tous les exigences d'une diversité qui revêt des formes inédites. Le texte produit par Micheline Labelle de l'Université du Québec à Montréal, permet de réaliser à quel point ces questions peuvent de moins en moins dissocier leur dimension interne et leur caractère d'enjeu de politique internationale et mondiale.
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Reproduit avec l'aimable autorisation de la revue Options politiques, mars-avril 2005 (IRPP - Montréal) http://www.irpp.org/fr/po
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